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Essais·Dialogue avec les concepts
La dictature du simple ou L’éloge de la médiocrité
« La langue est un instrument à penser. Les esprits que nous appelons paresseux, somnolents, inertes, sont vraisemblablement surtout incultes et, en ce sens qu’ils n’ont qu’un petit nombre de mots et d’expressions ; et c’est un trait de vulgarité bien frappant que l’emploi d’un mot à tout faire. »
Averroès3 220 mots16 min1 note
« La langue est un instrument à penser. Les esprits que nous appelons paresseux, somnolents, inertes, sont vraisemblablement surtout incultes et, en ce sens qu’ils n’ont qu’un petit nombre de mots et d’expressions ; et c’est un trait de vulgarité bien frappant que l’emploi d’un mot à tout faire. »
Alain, Éléments de philosophie, Livre 3, De la connaissance discursive, Chapitre II, Langage et poésie.
Il est parfois des évènements qui peuvent surprendre par l’inspiration inopinée qu’ils insufflent à la conscience. Eu égard à la particularité du ressenti qu’ils génèrent, l’on se trouve soudain saisi par le désir de mettre en mots la marée des idées qui naissent à la faveur de leur survenance. Et là, une musique spéculative se met à résonner doucement dans les tréfonds de l’esprit, définissant peu à peu la partition d’une pensée en gestation, jusqu’à l’accouchement d’une symphonie mélodieuse à partir de ce qui n’était initialement qu’une intuition à la fois nébuleuse et inspirée.
C’est le résultat d’une expérience suscitée récemment par la visite d’une plateforme de discussion sur des sujets relatifs au monde de l’enseignement. À n’en point douter, sans le mystère qui entoure l’incompréhensible causticité de certains commentaires (provenant toujours d’une même clique), la présente réflexion n’aurait jamais vu le jour.
En tout bien tout honneur, tout a commencé par une invitation à lire un texte, de ma plume, traitant de ce que je considère comme un enfermement du pédagogisme dans ses représentations doctrinales, sur fond d’un témoignage rapportant une situation vécue (voir le billet intitulé « L’inconséquence du pédagogiste » dans le présent blog).
Dès la publication de cette invitation dans le forum, le ton est d’emblée donné par ce commentaire emblématique de la corrosivité des propos qui vont suivre et de l’hostilité instinctive et gratuite qui semblait animer l’esprit de leurs auteurs :
« Les mots complexes et les phrases péteuses c’est fait exprès ? » (Sic)
Inutile d’encombrer la lecture par la citation de toutes ces remarques vipérines. De toute façon, étant du même acabit, l’intérêt intellectuel qu’elles peuvent représenter est proche du néant. Et pour cause : dans un langage de charretier (que l’on admire l’échantillon cité supra…), elles ont troqué la préoccupation pour les idées contre les attaques ad hominem. Il faut dire que c’est un champ particulièrement évocateur pour leur vulgaire verve. Heureusement que d’autres interventions -positives et intelligentes celles-là- sont venues rééquilibrer la tonalité du fil et montrer ainsi aux membres de ladite clique toute l’ineptie de leur démarche.
De là des interrogations : d’où provient cette acrimonie dans leurs propos ? Pourquoi, diantre, se sont-ils acharnés à pourfendre la forme de l’expression en négligeant totalement sa teneur ? Quelles motivations président au fiel de leurs remarques ? Enfin, quelle corde sensible ma manière d’écrire a dû toucher en eux pour susciter une telle aigreur ?
Au fond, la réponse à ces apostrophes est fournie par ces commentaires eux-mêmes, pour peu qu’on y regarde par-delà le voile des premières impressions. Car, que l’on trouve le style ampoulé, l’expression emphatique ou le ton pédant, cela peut être tout à fait compréhensible, voire acceptable. Mais, est-ce une légitimation de facto de l’attaque personnelle ? Cela autorise-t-il l’agressivité et la virulence ? Est-ce un quitus donné pour s’affranchir des règles de courtoisie les plus élémentaires ? C’est dire qu’une conscience respectable a parfaitement le droit d’avoir le jugement qu’elle veut sur le style d’une prose. Mais, ce fait constitue-t-il une raison suffisante pour négliger totalement le fond et rester bloqué sur la forme pour vouer aux gémonies gratuitement son auteur ?
À la vérité, toutes ces questions seraient peut-être superfétatoires, voire même mal à propos, si l’on était dans un forum dédié à des conversations sur le football, bricolage ou à des discussions portant sur des sujets du quotidien entre ménagères. Car, dans de telles agoras, ce type de réactions est peut-être normal, eu égard aux thèmes qui constituent l’objet des échanges et au niveau d’instruction des uns et des autres. Seulement voilà : la plateforme, qui a vu émerger ces commentaires, est un haut lieu des échanges autour des sujets qui relèvent du monde de l’enseignement. Que l’on se tient donc bien ! Nous n’avons pas affaire à des manants ou à des chalands d’un Café du Commerce, mais à des enseignants (enfin… En principe !).
Or, c’est là qu’il importe de procéder à un travail d’herméneutique pour sonder ces consciences en vue de comprendre l’origine de leur hostilité intrinsèque à l’égard de tout ce qui a trait au raffinement culturel et aux subtilités de la pensée. Et il n’est guère compliqué de le faire. Car, en matière d’éristique, il est de notoriété publique que lorsque vous voyez votre interlocuteur dévier du sujet de la discussion pour s’attacher exclusivement à la forme de son expression et à la personne de son auteur, c’est là un signe qui ne trompe pas : il n’a rien à dire en la matière. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on lit, sous “la plume” de l’une de ces consciences à l’humeur manifestement aigrie, que (s’agissant de ma prose) « c’est un style prétentieux et illisible qui en dit long sur la personne qui rédige… » ou « les propos de l’autre […] transpirent juste par leur forme, la prétention et la cuistrerie et ça en devient parfaitement ridicule » ?
À ce compte, le doute n’est plus permis quant aux ulcérations incurables qui agitent ces âmes amères. Tout se passe comme si la vue d’un quelque chose a subitement réveillé en eux des blessures narcissiques mal cicatrisées. Car, on a l’impression que ce quelque chose a soudain été le miroir intellectuel qui a révélé à leur intériorité toute l’ampleur de son indigence et de ses insuffisances. Mais, au lieu de le reconnaître, ne serait-ce que dans sa profonde intimité, ce type de conscience est en fait aliéné par un réflexe pavlovien : attribuer son incapacité intellectuelle à se saisir d’une expression à l’auteur de celle-ci, et non à son ignorance. Pour dire les choses autrement, voici ce qu’il en est dans le dialogue de cette subjectivité avec elle-même : si je n’ai rien compris à cette prose, c’est du fait de son vilain auteur qui emploie un langage hermétique, un vocabulaire de haute tenue (donc pédant) et une expression absconse, et non du fait que mon capital lexical soit indigent et que je sois dépourvu d’une culture littéraire suffisamment riche et raffinée.
À aucun moment, l’esprit de cette engeance n’a été effleuré par l’idée que la réflexion de l’auteur relève d’un champ presque philosophique, puisqu’il s’agit de discourir sur l’emprise idéologique du pédagogisme sur ses séides pour dire combien il les a aveuglés en les enfermant dans un système de représentations figées. Pas la moindre inspiration n’a éclairé ces chantres de la superficialité pour comprendre que le registre langagier que requiert ce type de thématique est loin d’être semblable à celui que l’on emploierait pour parler de football ou du bricolage…
Mais, qu’importe ! Le vulgaire, grossier par nature, au lieu de percevoir l’importance de l’adéquation d’une réflexion avec le registre de langue ad hoc, ne jure que par la platitude du verbe et la mièvrerie de l’énonciation. Comme il n’a pas le sens de la nuance, il n’a pas compris que derrière les mots il y a des concepts et que les tournures rédactionnelles traduisent des images, métaphores et autres figures de style. Pour lui, il faut mettre au rancart tous les mots qu’il ignore (peut-être même que leur suppression des dictionnaires lui conviendrait) et écarter toute considération stylistique, puisqu’il n’y voit que garniture superfétatoire. À ses yeux, la seule mesure qui vaille pour jauger la qualité d’une expression c’est la platitude du verbe et le simplisme rédactionnel. Inconscient de cette dictature de la médiocrité, qui semble suffire à sa pitance intellectuelle, il ignore jusqu’au fait même qu’une expression, comme « attaque ad hominem », qu’il considère comme emblème du pédantisme, est tellement usitée que même les journalistes des médias de masse ou leurs invités s’en gargarisent à longueur d’émissions ou débats qui ont cours dans ces lieux de diffusion de l’information grand public. Il faut vraiment être affecté d’une sainte inculture pour ne pas s’en apercevoir.
Il faut être également sacrément philistin pour ne pas saisir les subtilités discursives et stylistiques, qui sauterait aux yeux de tout esprit raffiné, entre un mode d’expression comme ce qui suit :
« Pour essayer de se détacher quelque peu de ce contexte ténébreux de la crise dite sanitaire qui, par son étalement excessif dans le temps, se distingue maintenant par une ubiquité délétère tant elle a réussi à arracher les consciences d’autres préoccupations de l’esprit… » (c’est une partie de l’énoncé de l’invitation à la lecture du billet qui a déclenché l’hostilité et l’irritation belliqueuse de la fameuse clique)
et celui-là :
« Pour oublier un peu le débat sur la crise sanitaire, qui a trop duré au point d’occuper totalement les esprits… »
En réalité, Le philistin est désarçonné par le premier mode d’expression. Il n’y est pas habitué. À ce compte, n’allez pas lui demander de soutenir l’attention pour comprendre certaines émissions radiophoniques de France Culture, puisque le langage soutenu y est souvent de rigueur, alors même qu’il s’agit d’une expression orale. Et, que dirait-il devant cette tournure de Humberto Eco : « Ils évoluaient avec un mouvement natatoire gracieux, comme s’ils se mouvaient dans leur élément » ? (Le pendule de Foucault, p. 432) Et ce passage de Proust : « le petit chemin qu’il suit va être gravé dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour » ? (À la recherche du temps perdu) Ou encore celui-ci : « Je me rendormais, et parfois je n’avais plus que de courts réveils d’un instant, le temps d’entendre les craquements organiques des boiseries, d’ouvrir les yeux pour fixer le kaléidoscope de l’obscurité, de goûter grâce à une lueur momentanée de conscience le sommeil où étaient plongés les meubles, la chambre, le tout dont je n’étais qu’une petite partie et à l’insensibilité duquel je retournais vite m’unir » ? (Ibid). Phrases péteuses ? Style pédant ?
Très probablement rien de bien construit ; comme le néant qu’il est. Du reste, possède-t-il les outils cognitifs pour comprendre ce type de langage ? Que nenni ! Pardi ! Emmitouflé dans le confort de sa médiocrité, le philistin est fier de sa condition d’imbécile heureux qui fait de lui un être incapable de percevoir l’abyssale distance culturelle qui le sépare de ce monde lettré. À la vérité, le drame de l’ignare c’est qu’il est inconscient de son ignorance. Dès lors, la délicatesse d’une pensée sensible, qui entend imprimer à sa description du réel une certaine subtilité teintée de quelque charge affective, lui est inaccessible. En revanche, l’ignare réclame à cor et à cri la platitude discursive, l’insipidité verbale, la pauvreté lexicale et le prosaïsme très terre-à-terre du second mode d’expression. Que voulez-vous ? Cela paraît seoir à ses besoins cognitifs.
Certes, on peut être gêné par un mot comme “ubiquité”. Mais, au lieu d’avoir le réflexe sain de consulter un dictionnaire qui expliquerait rapidement qu’il s’agit d’une présence en plusieurs lieux à la fois, comme le ferait n’importe quelle conscience qui tient à sa santé cognitive, le béotien, lui, n’a qu’un seul réflexe : se prélasser dans une douillette et indolente médiocrité intellectuelle pour rendre l’auteur du narratif responsable de son ignorance ; ce qui légitime, à ses yeux infestés par le pus de l’indigence culturelle, toute sorte de grief, invective et autre attaque personnelle. En fait, c’est le réflexe de l’élève qui, se trouvant soudain dépourvu d’outils cognitifs et d’une architecture intellectuelle de bon aloi pour s’acquitter d’une tâche scolaire, attribue cette incapacité endogène et, in fine, son échec à son professeur.
Vous pouvez toujours tenter d’expliquer à ce type de conscience qu’il est absurde de juger de ce que l’on ignore. Et c’est une vérité de Lapalisse de rappeler que toute capacité de juger requiert la possession d’un minimum de connaissances. Or, c’est là qu’apparaît au grand jour la petitesse du champ de références caractéristique de l’étroitesse d’esprit des gens incultes : en l’occurrence, l’allocutaire[1] de cette explication a cru que celle-ci concernait le contenu de mon texte. Elle a pensé que j’étais en train de lui montrer que sa non compréhension du contenu ne lui permet guère d’en juger. Ceci est une évidence, certes. Mais notre profane n’a pas, le moins du monde, compris que c’est plutôt sa privation d’outils cognitifs, susceptibles de lui permettre la pénétration d’un style d’écriture lui-même, qui est visée. Au fait, sait-elle vraiment ce que recouvre la définition d’un style ? Alors, tâchons modestement de lui en donner un bref aperçu.
Le style est l’ensemble des procédés linguistiques pour traduire une pensée avec laquelle il fait corps.
En effet, si la langue offre les matériaux nécessaires à l’expression, que sont d’abord le vocabulaire (usité ou rare, concret ou abstrait, terre à terre ou recherché, courant ou soutenu…), la syntaxe (grammaire de la phrase) et la grammaire de texte (régime énonciatif, progression thématique, reprises anaphoriques et cohérence sémantique), le style, quant à lui, est la manière, nécessairement personnelle, de faire usage de ces matériaux, sans pour autant transgresser les règles qui les régissent. Il les polisse par l’emploi d’images, comparaisons, métaphores, hyperboles et autres figures de style ; il les agrémente d’une certaine musicalité de la langue, à travers l’agencement des mots et la rythmique des sonorités. C’est donc la combinaison (plus ou moins heureuse) de ces différents ingrédients qui donnent à un style son caractère simple, plat, dépouillé, transparent ou alors recherché, orné, stylistiquement riche, évocateur… C’est à ce titre, que le style est le reflet de l’âme du rédacteur, dans le sens où il traduit son ressenti et la subjectivité de son rapport au réel.
Alors ! Ne sont-ce pas là les éléments de connaissance qu’il faut posséder avant de s’aventurer dans la lourde tâche d’émettre un jugement sur le style d’un énoncé ? Les membres de la clique acrimonieuse en ont-ils un semblant de conscience ? Le doute n’en est que légitime dans la mesure où leur jugement équivaut à l’avis d’un charcutier en matière de chirurgie esthétique. Peut-être que le miroir de leur intériorité dira-t-il à ces esprits aigris s’ils sont réellement qualifiés pour la besogne ou s’ils n’ont pas simplement succombé à une coupable légèreté, pour ne pas dire au confort d’une sainte ignorance. Mais encore faut-il être doté d’un minimum d’honnêteté intellectuelle pour le reconnaître… N’est-ce pas ?
Enfin, il faut bien admettre que l’on ne changera pas le monde ; et encore moins les gens. Car, il est des consciences qui semblent allègrement se satisfaire d’un hamburger intellectuel alors même qu’elles sont invitées au raffinement d’un restaurant gastronomique culturel. Soit ! Qu’ils se délectent de leur tambouille culturelle puisque cela semble suffire à leur pitance cognitive ! Mais de grâce ! Qu’ils nous épargnent leurs minauderies d’adolescents attardés et leur vulgarité de comptoir ! Il y va de l’hygiène intellectuelle des échanges et, surtout, de l’image de leur métier qu’ils n’ont pas conscience de mettre à sac outrageusement.
Non, vous ne rêvez pas… N’allez pas croire que le portrait dont il est ici question est celui d’un vulgum pecus ! La conscience qui s’est distinguée par ces faits d’armes, où la médiocrité intellectuelle le dispute au simplisme énonciatif, est celle d’un enseignant du second degré. Prudence tout de même : il ne s’agit pas de dire qu’ils sont tous comme ça. Il ne faut donc pas se méprendre du propos ! En fait, ce portrait est le dénominateur commun aux membres de la petite clique aigrie, évoquée initialement. Petite par le nombre (ils sont peut-être quatre ou cinq parmi les 157 forumistes qui se sont intéressés au billet), mais petite surtout par l’esprit. Ne dit-on pas, du reste, que les grands esprits parlent d’idées, les esprits moyens des événements, alors que les petits esprits préfèrent, eux, parler des gens ? Au demeurant, pour se rendre compte de cette dernière petitesse, il n’y a qu’à voir leur propension à chercher systématiquement un appui mutuel : « on est plusieurs à penser que… » ; ce qui en dit long sur le doute profond qui habite l’esprit d’un bardot. Évidemment, on n’est incapable de soutenir une idée tout seul, sur la base d’un argumentaire solide. Alors, on s’accroche au spécieux argument du nombre. Or, c’est oublier le « E pur si muove ! » d’un Galilée seul au milieu du chorus d’antan constitué par l’obscurantisme d’une meute inquisitoriale majoritaire. Mais, encore faut-il avoir un minimum de culture et la clairvoyance nécessaire pour se rendre compte de la stupidité du fallacieux argument du nombre.
Chose curieuse par ailleurs : ces âmes acariâtres et maussades avaient subitement disparu du fil de la discussion, lorsque d’autres forumistes “normaux” se sont distingués par des commentaires intelligents. Alors que les premières arguaient du fait que le style de ma prose la rendait hermétique, donc incompréhensible à leurs yeux, pour justifier leur incapacité d’émettre des remarques sur le fond du sujet, tout se passe comme s’il leur était soudain devenu insupportable de voir d’autres personnes apporter, sans le vouloir, la preuve éclatante de l’intelligibilité de mon discours. Et pour cause : ni le lexique, ni le style n’ont obstrué leur perception du propos ; leurs interventions sensées attestaient, sans ambages, de leur parfaite compréhension de ma prose et du sujet évoqué dans mon billet et constituaient, partant, un cinglant démenti de la thèse contraire défendue par ladite clique.
Par conséquent, ils ont raison, ces petits esprits amers, de trouver mon style ampoulé. C’est exactement ce qu’il faut se dire, pour se consoler, quand on est atteint du diabète de l’ignorance et de l’obésité des philistins. Mais alors, quand est-ce qu’ils comprendront qu’ils feraient mieux de passer leur chemin, puisque le type de narratif que j’affectionne n’est pas fait pour les culs-terreux incultes qu’ils sont et les ilotes de leur trempe ? Pourquoi, à chacune de mes apparitions sur le forum, ils se sentent l’obligation d’esquisser un commentaire fielleux sur la forme de mes messages, alors qu’ils n’ont jamais rien à dire sur le fond ? Ai-je un jour agi de la sorte à leur encontre ? Alors, juste un conseil : pour donner un sens à leur existence creuse, ils feraient mieux d’occuper leur esprit à l’enrichissement de leur capital lexical et à l’amélioration de leur niveau de culture, au lieu de donner libre cours à leur obsession monomaniaque consistant à scruter mes messages sur le forum pour y inoculer leur fiel. Ça les aidera, à coup sûr, à s’émanciper de la dictature de la médiocrité intellectuelle où ils végètent goulûment et qu’ils cherchent à ériger en norme de culture.
Enfin, puisque dans la galaxie des idées l’étoile de cette engeance brille par son indigence, qu’y a-t-il de mieux à dire à son égard que de pasticher la célèbre phrase de C.-L. Strauss (« Le barbare est celui qui croit à la barbarie. ») ? Eh bien, il faut croire que le véritable ignare est celui qui se complait dans son ignorance.
Appareil critique — 1 note
- 1La modératrice du forum.
Comment citer cet essai
Averroès, « La dictature du simple ou L’éloge de la médiocrité », antipedagog, 11 septembre 2021. En ligne : https://antipedagog.com/articles/la-dictature-du-simple-ou-leloge-de-la-mediocrite
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